Art palestinien et résistance créative : comment les artistes palestiniens perpétuent l’héritage de Nouvelles Visions
- Ceren Cano
- 8 déc. 2025
- 2 min de lecture
![Nabil Anani’s Exit into the Light, leather and mixed media on wood [Courtesy of Nabil Anani]](https://static.wixstatic.com/media/4d2811_db7a393feded4165946683b89ed43111~mv2.webp/v1/fill/w_770,h_513,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/4d2811_db7a393feded4165946683b89ed43111~mv2.webp)
Les artistes palestiniens jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la préservation et l’évolution de l’art palestinien, en portant l’héritage du mouvement novateur Nouvelles Visions, né durant la Première Intifada. Fondé en 1987 par Nabil Anani, Sliman Mansour, Vera Tamari et Tayseer Barakat, ce mouvement pionnier avait rejeté les matériaux fournis par Israël pour privilégier des ressources locales : peau de mouton, argile, cuir, bois et pigments naturels. Cette démarche a permis la création d’un langage visuel profondément ancré dans la culture palestinienne, illustré par les oliviers en céramique de Tamari, les sculptures en bois brûlé de Barakat et les surfaces fissurées emblématiques de Mansour.
Cette vision artistique a également influencé les institutions culturelles. La création de l’Académie Internationale des Arts de Palestine en 2006 — plus tard intégrée à l’Université de Birzeit — a donné une base pédagogique solide au développement de l’art en Palestine.
Une nouvelle génération d’artistes palestiniens face à des conditions extrêmes
Aujourd’hui, une nouvelle vague d’artistes perpétue cette résistance créative dans des conditions encore plus difficiles.En Cisjordanie, la designer-artisan Lara Salous collabore avec des bergers et des tisserands grâce à son initiative sociale Woolwoman. Ensemble, ils produisent des meubles contemporains en laine malgré la violence des colons, les routes fermées et l’accès limité aux zones rurales. Son travail met en lumière la capacité du design palestinien à s’adapter et à résister.
À Gaza, l’enclavement et la pénurie de matériaux poussent les jeunes artistes à innover. À seulement 18 ans, Hussein al-Jerjawi transforme les sacs de farine de l’UNRWA en surface de peinture lorsqu’il manque de toile. De son côté, l’artiste international Hazem Harb, originaire de Gaza, poursuit l’exploration de l’esprit expérimental de Nouvelles Visions depuis Dubaï.
L’art palestinien : une résistance silencieuse mais persistante
À travers Gaza, la Cisjordanie et la diaspora, l’art palestinien reste une forme de résistance culturelle, malgré le manque de ressources et les restrictions constantes. Les artistes transforment les objets du quotidien en supports de mémoire, de résilience et de continuité culturelle. Ainsi, l’esthétique fondatrice de Nouvelles Visions — une créativité nourrie par les matériaux locaux et une volonté de résistance — continue d’inspirer les nouvelles générations.
Source : Al Jazeera, « Comment les artistes palestiniens perpétuent l’esprit résistant de Nouvelles Visions », 16 novembre 2025.



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